L’aventure du galuchat

L’histoire du galuchat est en effet une succession de rebondissements.

Cette peau de raie ou de roussette fut utilisée au Japon dès le VIIIe s. et n’arrive en Europe qu’au XVIIème s. par les comptoirs hollandais. Elle est alors utilisée en gainerie et l’écrin en galuchat fait fureur.

Au XIXème la mode est passée entraînant dans l’oubli pratiques et techniques.

En 1910, le créateur Paul Iribe récupère un ancien stock de galuchat. Il dessine un meuble et demande à son ami Clément Rousseau, ébéniste, de le réaliser avec ces peaux. C’est un immense succès, une référence pour toute la période art déco. Tous les décorateurs se lancent dans la folie du galuchat.

Pourtant, les guerres successives font à nouveau oublier cette belle peau et on en perd une fois encore la maîtrise.

Jérôme Cordié, fondateur d’Aisthésis, fut l’un des premiers à retravailler le galuchat en 1985. Il cherche et retrouve les techniques traditionnelles de gainage du galuchat et invente aussi de nouveaux procédés et de nouvelles finitions. L’une de ses premières innovations est la finition en samé-nuri doré.

Reconnu comme un spécialiste, il se voit confier la restauration de meubles et objets Art Déco, dont certains se trouvent dans les plus grands musées (Rodin, Cognacq Jay, Carnavalet, Arts Décoratifs, Le Louvre…).

Aujourd’hui, le galuchat est à nouveau prisé pour le mobilier, la maroquinerie et la haute joaillerie.

Faits d’histoire

Japon / VIIIème –  Il semble que ce soit les japonais qui aient utilisé les premiers ce matériau que nous appelons “galuchat”. Ils l’utilisent alors fréquemment pour le gainage des poignées et du fourreau des sabres, ainsi que sur les “inros”, petites boîtes à médicaments, et autres petits objets du quotidien.

France et Europe / XVIIIème – Jean Claude Galluchat, maître gainier de Louis XV et de Madame de Pompadour, travaille de nouveau cette matière. Il l’utilise pour habiller de petits écrins et objets précieux très en vogue et lui donne son nom.

France et Europe / 1920 – Arts Déco. Oublié au XIXème, le galuchat resurgit dans les arts décoratif en 1920. Les meubles signés des grands créateurs et ébénistes Art Déco comme Paul Iribe, Clément Rousseau, André Groult ou Jules Leleu, ont mis en valeur ce matériau exotique.

France et Europe / 1985 – On redécouvre le galuchat notamment grâce à l’ébéniste Jérôme Cordié. Il en développe et en perfectionne la technique pour l’ameublement et la maroquinerie.